jeudi 8 novembre 2007

Mélissa linguiste

Certaines expressions françaises peuvent paraître obscures. Nous l’avons évoqué tout au début de ce blog, « l’huile de coude » n’est pas en vente dans le commerce. Mais ce qui me rassure dans mon ignorance (pour ne pas dire ma bêtise), c’est, qu’après un rapide sondage autour de moi, je n’étais pas la seule à ne pas savoir (j’ai même appris des trucs aux autres).
Afin de vous permettre de briller en société, je vous propose de vous expliquer l’expression « fuite en avant » (la semaine prochaine « pense-bête » car ce n’est pas seulement permettre aux animaux de penser mais surtout aux étourneaux).
Finalement qu’est-ce qu’une fuite en avant si ce n’est reculer pour mieux sauter ? (J’aime les gens qui répondent à une question par une autre question !) Il s’agit donc de prendre de l’élan (rien à voir avec ceux du Père Noël)(quoique…) pour avancer plus loin. Schématisons l’ensemble : si vous fuez, c’est que quelque chose vous poursuit, une ex encombrante, un dinosaure derrière le TGV (c’est pour ça qu’il ne faut tirer l’alarme qu’au moment opportun), un chien derrière le facteur… Quoiqu’il en soit, cette chose est derrière vous, d’où l’importance de la « fuite en avant ». De toute manière, il parait difficile de fuir en arrière : ceci s’appelle un retrait stratégique dans le jargon militaire ou de la lâcheté dans le langage usuel (ou de l’intelligence, diront les lâches).

La fuite en avant permet de prendre de l’avance sur la situation pour pouvoir se retourner et agir après réflexion. « Anticipation, adaptation, domination » comme le résumerait si bien Renaud (ta gueule et marche à l’ombre).
Cependant il n’est pas inutile d’aller plus loin encore. Si la fuite est verticale, la notion d’ « avant » prouve le caractère urgent de la chose. Ainsi dira-t-on « mon évier fuit : avant tout je dois appeler le plombier ». Si la fuite est purement féminine, on préférera l’expression « en arrière » plutôt qu’en avant, l’arrière étant dans cet exemple le symbole de trahison de notre Nana.
Enfin pour clôturer mon idée, je rajouterais que les Etats-Unis sont exempts de toutes les fuites (surtout de cerveaux) car n’oublions pas que pour que quelque chose puisse fuir, il faut en avoir en réserve.

PS : ce poste a été écrit sans consommation de drogues au préalable.
PSS : fuite en avant, mécanisme inconscient qui pousse l’individu à agir malgré le risque imminent.
PSS : Est-ce que « se jeter dans la gueule du loup » fonctionne aussi avec les renards ?
PSSS : C’est lourd ces PS qui ne finissent jamais !

vendredi 2 novembre 2007

Aller- Retour

Mélissa toujours en mode binaire (j’aime parler de moi à la troisième personne) : 00111000101. Comme le dirait ce cher G (rien à voir avec Doudi G), je suis très bissextile en ce moment : Paris, Nancy, Lyon, Paris, Nancy, Paris, soit toujours et encore dans le train. Un jour, je me le promets, la SNCF sera mon sponsor. Je redécouvre Paris, la joie du métro le matin, le plaisir de la bousculade dans la rue, l’œil morose des parisiens, pur reflet du ciel. J’ai entendu dans la rue qu’il ne faut pas taper la main d’un enfant. Pourquoi me demandez-vous ? Parce qu’apparemment, il y a une veine qui relie la main au cerveau. A Paris, on réinvente la science et l’anatomie. Ici, les chinois se donnent de nouveaux noms car les leurs sont trop durs à prononcer pour les gentils français que nous sommes. Et ça donne quelques délires « Bonjour, je m’appelle Saint Lazare » « Et moi Galeries Lafayette ». J’ai mal au ventre à force de boire du café mais il parait que c’est de la dégustation. Je travaille chez Starbucks et je découvre le travail à l’américaine. Sans vouloir faire de mauvais jeux de mots, pour le moment, c’est la classe. J’ai droit à un sachet de café ou de thé par semaine et je peux ramener quelques gourmandises une fois la boutique fermée. Mais chuuuut ! C’est illégal de ramasser les gâteaux de la poubelle pour en prendre chez soi. Je joue à la timide et n’ose rien prendre : je ne vais quand même pas me faire virer pour vol de muffins ! Paris est une ville construite avec intelligence : la Rue de la Lingerie est suffisamment loin de le Rue des Boulets. Je me trompe allègrement de métro, quand je choisis le bon, c’est le mauvais sens. La fatigue me fait perdre le peu de sens de l’orientation que j’ai. Après 5 jours sur Paris, je deviens une vraie parisienne. Je suis déjà avide de verdure mais au lieu d’un week-end en Normandie, je me contente de l’Est. Ici, seuls les commerçants sourient (et encore !). Si je demande mon chemin dans la rue, j’ai une chance sur deux de tomber sur quelqu’un encore plus perdu que moi. Je laisse des mots doux à ma femme de chambre pour mettre un peu de bonheur dans sa journée…et continue à attendre qu’elle veuille bien changer mes draps. L’hôtel a un sauna, une salle de gym et une salle de billard. Mais je reste devant la télévision pour découvrir de nouvelles émissions sur le câble. Ma chambre est plus grosse que mon appartement lyonnais. Mon alimentation s’est modifiée pour se concentrer exclusivement sur le café et les clopes. Mon planning est chargé : métro, boulot, dodo et ne laisse aucun temps pour Albert le 5è mousquetaire photographe ou Lucien le maigre mannequin. Je vis accrochée au téléphone pour parler à ceux que j’aime et qui sont loin. J’envisage sérieusement de me faire greffer une oreillette directement dans la main…Evidemment puisque la main et le cerveau sont reliés.

mercredi 31 octobre 2007

Oui ou Non ?

J’y pense régulièrement, plus que je ne le devrais, plus que je ne le voudrais. Pourtant, rappelez vous : personne ne pense à personne.

Je lis son horoscope depuis 2 mois persuadée qu’il est gémeaux alors qu’il est taureau. Echec. Je lui parle toute la nuit alors qu’elle dort depuis 2h. Echec. J’arrive, pour une fois, à l’heure en cours mais le prof est absent. Echec. Il est triste sans moi comme je le suis sans lui mais on a trop de fierté pour se revoir. Echec. J’ai oublié de bipper mon abonnement TCL le jour où il y avait des contrôleurs. Echec. C’est le magasin à côté de celui où je travaille, qui a brûlé. Echec. A ma tête déconfite, il aurait dû comprendre que les boucles d’oreilles, ce n’étaient pas mon truc…mais non. Echec. Mes parents m’offrent une voiture mais je n’ai pas le permis. Echec. Je l’aimerai toujours. Echec. Je ne me suis épilée qu’une seule jambe pour mon rendez-vous de ce soir. Echec. Si les choses étaient à refaire, je continuerai à ne pas dire NEXT. Echec. Elle a commandé un gâteau aux poires juste pour moi alors que je n’aime pas les poires. Echec.

Ou alors…

Il adore donner et moi j’adore recevoir. Succès. Elle sera toujours là pour moi, même à 2h du mat. Succès. Mes profs sont tolérants avec mes retards. Succès. Il regrette plus tôt que je ne l’aurais imaginé. Succès. J’ai réussi à gérer avec les contrôleurs pour ne pas payer d’amendes. Succès. Le magasin a quand même brûlé la moitié du Centre Commercial qui sera donc fermé pour un mois. Succès. J’ai pu tirer un bon prix des boucles d’oreilles en argent. Succès. J’évite les embouteillages en ne prenant pas ma voiture. Succès. Il m’aimera toujours. Succès. Il aime les femmes poilues. Succès. Les choses ne sont ni à faire, ni à refaire. Succès. Elle avait prévu un gâteau au chocolat juste au cas où… Succès.

Finalement, tout n’est qu’une question de point de vue.

mardi 30 octobre 2007

Dans le train, toujours et encore

Je pars de chez moi ( ?) pour rentrer chez moi (Lyon) pendant que les autres vont chez moi (Nice). Deux solutions s’offrent à moi : soit je n’ai pas de chez moi, soit le monde est chez moi. Bon, je vous laisse la Terre Adélie parce que des bancs de glace, ça ne m’emballe pas.

Parce que ce sont les vacances de la Toussaint, les mioches accompagnent leurs parents (pour mon plus grand bonheur naturellement) en braillant des trucs incompréhensibles pour des oreilles inexpertes comme les miennes. Je me demande pourquoi on n’oblige pas les heureux géniteurs à enfermer leurs gesticulantes et bruyantes progénitures dans une caisse, comme pour les chats. Ce serait un service pour l’humanité ou au moins pour les voyageurs environnants ! Comme c’est un train en direction du Sud, la moyenne d’âge atteint allègrement la petite 60taine. De jeunes retraités donc qui ont décidé de profiter de leur vieillesse avant que la maladie, la mort ou le fisc ne les emporte. Et ils ont bien raison ! En plus, l’air du large, ça fait du bien aux rhumatismes de Kiki (le caniche nain de Mémé qui a une voix tellement aigue que tout le monde croit que c’est une fille) (le caniche, pas Mémé) Mémé me dit qu’elle aurait bien pris l’avion mais elle ne se résigne pas à enfermer Kiki dans la soute. Je hoche la tête, intéressée par un si beau discours sur la compassion animale. En réalité, je n’entends rien de ce qu’elle me dit, puisque j’ai augmenté le son de mon baladeur pour me couper des braillements du mioche dans le wagon.
C’est vrai que les gamins parlent comme des mecs bourrés…mais peut-être que les gosses sont vraiment bourrés… Que fait la police ? Où est Super Nanny ?

Mémé a un pull à paillettes qui volent à chacun de ses mouvements. Elle continue à parler inlassablement et je continue à hocher la tête poliment. Parfois j’entends des bribes de phrases « Aaaah le Sud… », « Ce cher monsieur Sarkosy » « J’ai pleuré quand John quitte Samantha ». Elle parle de son petit fils, de sa maison à Antibes, de Kiki, de Pascal Sevran,… et moi, je décolle. Je suis loin, je suis déjà partie depuis un bon moment. Je suis dans un monde où on a le droit de mettre du scotch sur la bouche des gamins qui braillent, où on peut donner un coup de pied à Kiki juste pour le plaisir et où on fait avaler sa perruque mauve à Mémé pour qu’enfin elle se taise.
Comme le dirait M6, « ça doit ressembler à ça le bonheur ! »

lundi 29 octobre 2007

Mélissa et les 3 petits cochons

C’est l’histoire revisitée des trois petits cochons : Cochonou, Rillettes et JB alias Jambon Blanc. Ensemble, ils décident de faire un pari : se taper le plus de petites cochonnes avant Noël. Ca a l’air facile parce qu’apparemment les petites cochonnes ne demandent que ça mais en réalité elles n’aiment que les gros cochons. Donc nos trois amis se demandent comment devenir des gros cochons.
Cochonou dit « Moi, je vais manger au Mac Do pendant un mois et je deviendrais à coup sûr un gros cochon ». Rillettes dit « Moi je vais mater des films animaliers très sensuels sur la reproduction des cochons (c’est-à-dire des films pornos) toute la journée et je deviendrais à coup sûr un gros cochon ». JB lui, trouve ce pari ridicule et préfère ne pas jouer.
Quoiqu’il en soit, ils décident de se retrouver dans un mois pour voir lequel a réussit à devenir un gros cochon.

Cochonou est passé de 50 kg à 120 kg mais il n’arrive à emballer que des cochonnes chinoises parce qu’il est devenu un cochon sumo. Rillettes, à force de regarder des films en tir bouchon, connaît toutes les positions du Kama sutra. Mais finalement il n’est devenu qu’un gros porc !

JB, pendant ce temps-là, a rencontré une connasse en manteau rouge (vous savez, celle qui cuisinait des gâteaux à l’arsenic pour tuer sa grand-mère et ainsi espérer toucher l’héritage). Il décide de la prostituer à tous les grands méchants loups en rut de la forêt de Boulogne. La petite a du succès, JB s’enrichit et devient un cochon tirelire.

Cochonou a peut-être réussit à devenir un gros cochon mais c’est JB qui se tape le plus de petites cochonnes maintenant qu’il est riche.
Moralité : Pour se taper des petites cochonnes, rien ne sert d’être un gros cochon et de connaître le Kama sutra par cœur, mieux vaut avoir de l’argent dans sa tirelire.