Ecoute, je te le dis ; les quatre poneys de l’apocalypse fouleront bientôt la terre. Sous leurs sabots, rien ne survivra. Ils puniront les vilains, les méchants, les injustes, les incultes.1.1 Ouvre les yeux, je te le dis ; le poney blanc châtiera la fausse innocence, il punira les fausses blondes, les femmes siliconées, les hommes stéroïdés. Toi qui me lis, ouvre les yeux, je te le dis ; ne livre pas de culte à ces icônes de magazine. La seule parole est la mienne, ouvre les yeux.
1.2 Ouvre ta porte, je te le dis ; le poney pâle rassemblera tous les morts ici conçus. Ils te hanteront jusqu'au moment où la tentation t’obligera à les rejoindre. Ne porte pas le culte de la mort dont tu ignores tout. Le poney pâle corrigera les présomptueux, les vilains et gras capitalistes et les bourgeois du 16ème. Toi qui me lis, ouvre ta porte, je te le dis ; ne provoque pas la mort et les cadavres resteront au placard.
1.3 Ouvre la bouche, je te le dis ; le poney noir assénera le dernier coup à la justice. A sa suite, la famine le suivra comme une fidèle compagne. Le poney noir condamnera les anorexiques et les boulimiques, les fast foods païens et les plats Marie Surgelé. Son pardon ne vaudra que pour Saint Jean-Pierre Coffe et Sainte Maïté. Toi qui me lis, ouvre la bouche, je te le dis ; si tu gâches, tu seras punis.
1.4 Ouvre ton cœur, je te le dis ; le poney rouge fustigera la violence guerrière. Il apportera destruction à ceux qui veulent le mal, aux médecins et infirmières qui découpent, charcutent et droguent, aux contractuelles qui punissent sans la légitimité du Tout-puissant. Toi qui me lis, ouvre ton cœur, je te le dis : si tu répands le bien autour de toi, le poney rouge t’épargnera.

Je voudrais que tu m’excuses de ne pas m’être assez battue pour toi. Je pourrai te dire que ce n’est pas de ma faute, que ce maudit destrier s’est cassé la patte, que mon chien a mangé mon réveil. Je pourrais te dire que c’était con aussi de ta part d’aller t’enfermer dans un donjon gardé par un dragon. Mais je ne dirai rien, sauf qu’il faudra m’excuser d’être arrivée trop tard, voire de n’être jamais venue. Je ne t’ai pas posé de lapin mais le chasseur m’avait déjà capturé à l’heure du rendez-vous. Mes pieds sont toujours froids : ils m’empêchent de courir après toi. Je voudrais aussi que tu m’excuses de ne pas avoir su t’aimer suffisamment. Je pourrai te dire qu’à ce moment-là, je pensais vraiment que c’était le bon mode d’emploi, je n’ai vu qu’après que c’était celui du four à micro-ondes : vite chauffé, vite refroidi. Tu pourras dire que je suis de la bouffe rapide mais ça ne serait pas gentil.
